Présidentielle américaine: les soutiens de Trump en France face à son bilan


BRENDAN SMIALOWSKI via Getty Images

Le président américain Donald Trump photographié lors d’un meeting à Miami le 1er novembre (illustration). 

ÉTATS-UNIS – Il était censé rendre sa grandeur à l’Amérique. Quatre ans plus tard, c’est à la tête d’un pays extrêmement polarisé que Donald Trump brigue un second mandat. Si son rival démocrate Joe Biden jouit d’une certaine avance dans les sondages, bien malin celui qui saura prédire l’issue du scrutin de ce mardi 3 novembre, tant l’incertitude est forte. Mais malgré le risque de voir l’homme à la casquette rouge vaciller, ses plus ardents défenseurs en France misent sans trembler sur sa réélection.

En témoigne cette délégation d’élus du Rassemblement national, qui ont traversé l’Atlantique pour aller suivre les derniers moments de la campagne du locataire de la Maison-Blanche, à l’image des eurodéputés Catherine Griset et Jérôme Rivière ou encore du sénateur Stéphane Ravier. Positif au covid, le numéro 2 du parti Jordan Bardella a finalement dû renoncer au voyage, lequel prend des allures de road trip de fans enthousiastes.

Un geste politique signifiant, mais toutefois mesuré, dans la mesure où la présidente du parti d’extrême droite (éconduite en 2017 dans le hall de la Trump Tower) n’a pas jugé bon de se déplacer pour soutenir un candidat qui, en France, pâtit d’une image déplorable. 

Les Américains ne veulent pas du désordre dans les ruesUn membre de la délégation RN à Washington

 Au sein du RN, on souligne d’ailleurs que ce voyage ne vaut pas soutien officiel. “Mais c’est sûr que pour la politique internationale, mieux vaut Trump que Biden. Trump c’est celui qui refuse le multilatéralisme, qui assure la sécurité d’Israël en signant des accords de paix avec tous les pays arabes et qui remet la Corée du Nord dans le droit chemin”, observe depuis Washington un membre de cette délégation, avant de vanter le bilan du chef d’État américain. Du moins “jusqu’au covid” et sa gestion controversée. “L’économie était relancée, le taux d’emploi des noirs et latinos n’a jamais été aussi haut, il a pratiqué le protectionnisme pour protéger ses industries”, souligne-t-on, ajoutant qu’en dépit des critiques et des obstacles, Donald Trump “a pris le problème de l’immigration à bras le corps”.

Or côté bilan justement, Donald Trump a pourtant assez peu de réalisations à faire valoir. Le mur entre le Mexique et les États-Unis? 170 kilomètres de clôtures sur 600 promis. La stratégie de la confrontation (puis de l’apaisement) avec Kim Jong Un? Force est de constater que Pyongyang n’a en rien renoncé à sa stratégie nucléaire. Le retour du plein emploi et les “succès économiques” vantés meeting après meeting? Percutés de plein fouet par la crise sanitaire, dont la gestion a fait l’objet de nombreux scandales aux États-Unis. 

En amont de ce déplacement, Jérôme Rivière (qui multiplie les tweets enthousiastes à l’égard du président américain) expliquait au Parisien que “Trump a été un bon président pour son pays” car il n’avait jamais ” entraîné les États-Unis dans une aventure militaire”. C’est oublier que le président américain a lancé des frappes ciblées en Syrie avec la France le Royaume-Uni en 2018, après une première frappe unilatérale en avril 2017 (ce qui avait fortement déçu ses soutiens). Par ailleurs, éclipsée par la crise du coronavirus, l’hypothèse d’un conflit ouvert avec l’Iran était jugée (très) crédible au début de l’année 2020. 

Machine à propagande

Pour autant, côté RN, on continue de penser que le milliardaire est l’homme qu’il faut et que malgré ses déconvenues, il conserve toutes ses chances de l’emporter. “Les démocrates jouent avec le feu depuis des mois : ils soutiennent des émeutiers qui tuent et pillent dans les grandes villes, ils encouragent un véritable mouvement anti-blancs… Tout cela participe largement à la mobilisation de l’électorat Trump. Et les Américains ne veulent pas du désordre dans les rues”, veut croire un membre de la délégation.   

En France, et au-delà du parti lepéniste, les inconditionnels du président américain imaginent également le locataire de la Maison-Blanche rempiler pour un mandat. À l’image de l’universitaire Edouard Husson, qui enseigne notamment l’histoire à l’ISSEP, l’école fondée par Marion Maréchal. En tweets et en vidéos, l’enseignant conservateur détaille, chiffres et exemples historiques à l’appui, les raisons pour lesquelles les sondages sous-estimeraient les chances de Donald Trump, un chef d’État dont les conservateurs français feraient bien de s’inspirer en dépit de la “machine à propagande” qui agirait contre lui. 

Car pour nombre de supporters de Trump, ce n’est pas son bilan qui est à déplorer mais sa couverture médiatique. “S’il gagne, la presse française devra quand même s’interroger sur son traitement. Pas un papier positif!”, peste depuis Washington un membre de la délégation RN, déplorant la “haine irrationnelle des journalistes français” à son égard. Comme si le fait qu’un président en exercice évoque un traitement aux UV et à la javel en pleine pandémie mondiale avait de quoi provoquer la sympathie de la presse. 

À noter cependant que tous les soutiens de Donald Trump en France ne se risquent pas au jeu du pronostic. Robert Ménard, qui ne cache pas son admiration pour le président américain -au point de l’avoir officiellement invité dans sa ville- n’a pas montré un enthousiasme débordant à l’approche de la date de l’élection. Contacté par Le HuffPost, le maire de Béziers a décliné. 

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