Rapport Stora: pourquoi Macron ne présentera pas d’excuses à l’Algérie


NurPhoto via Getty Images

Emmanuel Macron lors de sa visite en Algérie en décembre 2017 (illustration)

HISTOIRE – Le sujet est sensible et porte sur des plaies qui sont encore ouvertes. Ce mercredi 20 janvier, l’historien Benjamin Stora remet à Emmanuel Macron son rapport sur “les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie”. Un document dense de 146 pages qui écarte d’emblée l’idée des “excuses” que demandent les autorités algériennes.

“Ni repentance ni excuses”, confirme l’entourage du chef de l’État, en mettant en avant une préconisation de l’universitaire qui, dans son rapport, juge inutile une telle initiative. Plutôt que de s’excuser, l’Élysée préfère en effet reconnaître. “La repentance c’est une vanité, la reconnaissance une vérité”, insiste l’entourage d’Emmanuel Macron, alors que le président algérien Abdelmadjid Tebboune attend pourtant de la France cette “réparation morale”. 

“Regarder l’histoire en face”

Pour justifier cette fin de non recevoir, l’Élysée reprend l’exemple exposé par Benjamin Stora dans son rapport sur les excuses formulées par le Japon à la Corée du Sud pour la période de la colonisation, lesquelles n’ont jamais suffi ”à calmer les mémoires blessées”. À la lumière de ce précédent, l’Élysée considère alors que l’enjeu est davantage d’admettre et de renseigner convenablement ce qu’il s’est passé afin de “réparer les injustices”. 

Dans Le Parisien, l’auteur du rapport estime d’ailleurs que des excuses ont déjà été formulées par les prédécesseurs d’Emmanuel Macron, sans le moindre impact. “Il y a déjà eu plusieurs discours importants, dans une méconnaissance stupéfiante. Pour ce qui concerne les excuses, il suffirait de lire les discours des chefs d’Etat, Sarkozy, Chirac, Hollande… Maintenant, il faut passer au pratique”, souligne Benjamin Stora.

“Comment voulez-vous qu’on s’excuse alors que subsistent de part et d’autre de très nombreux non-dits? Quand la République reconnaît, elle acte que ce qui était laissé dans une zone de déni soit mis dans la lumière dans le but de s’en servir pour le futur”, souligne un conseiller du chef de l’État. En soulignant que ce que recherche Emmanuel Macron dans ce travail mémoriel, c’est de “regarder l’histoire en face” afin de “construire une mémoire inclusive” dans laquelle Français et Algériens pourront se retrouver. Une démarche que la présidence compare à la reconnaissance par Jacques Chirac de la responsabilité de l’État français dans la rafle du Vel d’Hiv.   

D’ici la fin du quinquennat, Emmanuel Macron a prévu de participer à trois commémorations qui s’inscrivent dans cette “démarche de reconnaissance”: le 25 septembre à l’occasion de la journée nationale des harkis, le 17 octobre pour le 60e anniversaire du massacre de 1961 et le 19 mars 2022 pour la 60e bougie des Accords d’Evian. 

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