Reconfinement: après un grand flou, l’exécutif temporise (mais n’exclut rien)


Ludovic MARIN

Image d’illustration – Jean Castex et Emmanuel Macron au Panthéon lors de l’entrée de Maurice Genevoix, le 11 novembre 2020

CONFINEMENT – “Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup”, disait Martine Aubry. Et de flou, il en est question depuis bientôt un an que la France, comme le monde entier, fait face à la pandémie de Covid-19. Mais les différents sons de cloche autour d’un possible troisième reconfinement cette semaine ne viennent pas alléger les souffrances des Français.

Dimanche, Le JDD annonçait triomphalement à sa Une: “Reconfinement imminent”, indiquant la date de mercredi 27 janvier, jour du conseil de défense, comme probable moment pour une prise de parole présidentielle. Dès dimanche, Matignon relativisait dans nos colonnes ces affirmations. “Le JDD est très affirmatif et même beaucoup trop, car rien n’est décidé à ce stade. Le reconfinement est une option possible, mais qui n’est pas actée ni sur le calendrier ni sur le principe même”, rectifiait-on dans l’entourage de Jean Castex.

“Attendons d’être fixés sur les effets du couvre-feu”

“On ne peut pas contrôler tous ceux qui croient savoir et qui sont ravis d’être les plus intelligents du moment”, ajoutait, agacé, un conseiller de l’exécutif ce mardi 26 janvier, assurant que l’interview d’Olivier Véran vendredi soir au Parisienétait “la bonne parole”. Et la prudence du ministre de la Santé était en effet de mise: “J’attends d’abord d’être fixé sur les effets du couvre-feu. On le sera la semaine prochaine. Si ça ne baisse pas, si les variants commencent à se diffuser partout, alors on prendra des mesures supplémentaires, évidemment. Et cela s’appelle le confinement”, affirmait-il, sans s’avancer. “Tous les scénarios sont sur la table”, complétait dimanche sur France3 le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Mais des propos rapportés de Jean Castex lundi sont venus ajouter au flou ambiant. “Des décisions seront prises cette semaine (…), il ne s’agit pas de baisser la garde”, assurait le Premier ministre. “Des décisions prises, ça peut vouloir dire d’attendre”, décryptait ce 26 janvier un conseiller gouvernemental auprès du HuffPost. Il faut suivre.

“On ne contrôle pas la parole de Delfraissy”

La parole variante du président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, n’a pas aidé à apporter un peu de sérénité. Dimanche, sur BFMTV, il faisait part de sa vive préoccupation quant à la situation épidémiologique. Ce mardi 26 janvier, dans Libération, il assurait qu’on n’est “pas à une semaine près”. Là, encore il faut suivre. “On ne contrôle pas la parole de Jean-François Delfraissy, chacun est dans son rôle”, commentait un conseiller du pouvoir ce 26 janvier. Le professeur de médecine revenait encore sur ces propos le même jour pour assurer que son discours n’avait “pas changé d’un iota”, parlant désormais de “trois jours près”, plutôt que d’une semaine. 

“Tout ça n’aide ni à la clarté ni à l’apaisement” 

“Il est clair que tout ça n’aide ni à la clarté ni à l’apaisement”, reconnaissait tout de même une source gouvernementale ce 26 janvier, arguant que les ministres en “on” ne s’étaient jamais avancés sur un “reconfinement imminent”. En ce début de semaine, ils sont donc nombreux à sortir sur le thème de la prudence. Comme Bruno Le Maire, au micro de Radio Classique, ce 26 janvier, qui demande de “laisser au gouvernement le temps d’étudier la situation”, sans “précipitation”. Le ministre de l’Économie appelle à attendre les effets du couvre-feu: “cela fera deux semaines samedi, on aura une idée de la manière dont cela a ralenti ou pas la circulation du virus”, observe-t-il.

Sa collègue à l’Industrie, la ministre déléguée Agnès Pannier-Runacher, temporisait aussi ce mardi matin, assurant qu’en l’état “il n’y a pas de raison” de reconfiner la France”. “À ma connaissance et sur la base des données dont nous disposons, à ce stade il n’y a pas de raison de décider un confinement, a-t-elle indiqué sur BFMTV, expliquant que “les Français n’attendent ni excès de zèle ni laxisme”.

“Les Français n’attendent ni excès de zèle ni laxisme”

L’Élysée s’inscrivait dans cette ligne ce 26 janvier auprès du HuffPost, assurant qu’“aucune décision” ne serait prise “tant que les effets du couvre-feu ne sont pas connus”. Plaidant “la cohérence” et la “prudence”, l’entourage du chef de l’État l’assure: “On ne varie pas depuis le début: des mesures sont mises en place, on attend un délai de 15 jours traditionnellement pour en mesurer les effets et on adapte de nouvelles mesures si besoin”. Limpide. 

Autre donnée à prendre en compte pour l’exécutif: “l’équilibre entre urgence sanitaire, acceptabilité et poids économique et social”. L’aspect psychologique d’un troisième confinement sur le moral des troupes est scruté de près par Matignon et l’Élysée, tout comme le risque d’opposition frontale à de nouvelles mesures restrictives comme les manifestations qui se déroulent en ce moment aux Pays-Bas en attestent ou encore le #jenemeconfineraipas suivi de près par les autorités françaises.

Plus de souplesse pour la jeunesse

RTL assurait ce mardi matin que le chef de l’État attendait plus d’inventivité sur les mesures alternatives au reconfinement. “On ne va pas réinventer la poudre. On aimerait bien avoir des propositions autres, mais aucun autre pays n’en a trouvé”, relativisait d’emblée une source gouvernementale bien placée. Ambiance. 

L’alternative sera peut-être à trouver du côté d’un assouplissement des mesures pour la jeunesse. Une source proche de l’exécutif assure à l’AFP que le chef de l’État “réfléchit à un dispositif encore différent des deux premiers confinements”, plus souple “surtout pour la jeunesse”. “Nous prenons en compte la situation psychologique et sommes très attentifs aux étudiants et aux travailleurs”, confirmait Matignon ce 26 janvier.

Un conseil de défense sanitaire est prévu mercredi 27 janvier autour du chef de l’État, dix jours après l’instauration d’un couvre-feu généralisé à 18h. À ce stade, aucune prise de parole n’est prévue du côté d’Emmanuel Macron. Mais, comme toujours, tout peut évoluer très vite. 

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