Reconfinement: les commerces non-alimentaires autorisés à rester ouverts par ces maires


Olivier DJIANN via Getty Images

« Ulcérés » par le confinement, ces maires se rebellent symboliquement (photo: le village d’Aubusson dans la Creuse)

CORONAVIRUS – Les maires font de la résistance. Alors que Jean Castex avait détaillé jeudi 29 octobre les modalités d’application du reconfinement, notamment pour les commerces non essentiels qui devront rester fermés, certains édiles ne l’entendent pas de cette oreille. Dans plusieurs villes de France, ils sont une poignée à avoir pris des arrêtés municipaux pour permettre à tous les commerces non-alimentaires de rester ouverts. Dans une grande majorité, ils évoquent notamment un souci d’équité.

C’est le cas en Bourgogne-Franche-Comté. Après Migennes, ce jeudi, c’est au tour de la commune de Décize de prendre une décision similaire. Dans une publication sur Facebook, la maire divers gauche Julie Guyot explique que “la collectivité considère que les mesures prises par le gouvernement sont contraires au principe d’égalité de traitement”. Accusant l’exécutif d’hypocrise, elle estime que les commerces du centre-bourg “sont en danger et qu’ils ne survivront pas à un second confinement inéquitable”. 

De son côté, le maire LR de Migennes, François Boucher, contacté par France 3 régions, se dit prêt à aller en justice pour défendre son arrêté: “J’ai consulté mon avocat, il m’a dit qu’il n’y avait aucun problème et qu’il était prêt avec moi à aller le défendre devant la juridiction compétente suivant ce que les services préfectoraux feront et nous discuterons de tout cela à partir de lundi avec monsieur le préfet et ses services”.

En Creuse et en Vendée

À l’autre bout de la France, à Aubusson, dans la Creuse, les modalités de ce deuxième confinement ont également agacé l’édile, Michel Moine, qui s’est fendu lui aussi d’un arrêté municipal permettant aux commerces non-alimentaires de rester ouverts. “Je conteste que la charge de la responsabilité soit à ce point supportée par les commerces de proximité (…) Le gouvernement nous parle de produits de première nécessité. Si la définition de ce terme se traduit par les produits en vente dans les grandes surfaces, alors l’habillement, la chaussure, les livres, les arts de la table, les cadeaux de Noël, les fleurs et sapins etc, etc… relèvent de cette définition. Dans ce cas, les magasins spécialisés de centre-ville vendent effectivement eux-aussi des produits de 1ere nécessité, et à ce titre, ils doivent rester ouverts”, tonne-t-il également sur Facebook.

Des arguments également utilisés par Véronique Besse, maire des Herbiers, en Vendée. “L’État nous dit de soutenir le commerce de proximité mais les oblige à fermer. Je ne comprends pas, c’est pourquoi j’ai pris cet arrêté, explique-t-elle à Ouest-France, en évoquant “la petite librairie qu’on doit fermer” ce qui va contraindre à “aller chercher ses livres en grande surface”. 

Comme à Migennes et Décize, le maire d’Aubusson, assure également que les gestes barrières sont tout aussi bien respectés dans les petits commerces et qu’en ce sens ils ne doivent pas devenir “les victimes expiatoires d’une situation dont ils ne sont ni les auteurs, ni les responsables”.

Gilles Platret, maire LR de Chalon-sur-Saône, fait justement valoir dans un nouvel arrêté municipal autorisant ces commerces à rester ouverts, que cela permettra d’éviter la cohue dans les grandes surfaces.

Ces arrêtés risquent de rester symboliques puisqu’ils doivent être présentés aux préfets, qui pourront réclamer leur annulation au tribunal administratif.

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