Référendum en Nouvelle-Calédonie: comment l’archipel a été quasi épargné par le Covid

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Theo Rouby / ASSOCIATED PRESS

Une vue aérienne de Nouméa en Nouvelle-Calédonie. (photo d’illustration)

NOUVELLE-CALÉDONIE – Le 4 novembre 2018, les Néo-calédoniens votaient lors d’un référendum pour l’accession à la pleine souveraineté de leur territoire. Ce premier scrutin avait vu la victoire du “non” à l’indépendance, à 56,7%.

Presque deux ans plus tard, les habitants de l’archipel de l’océan Pacifique Sud sont de nouveau appelés aux urnes, ce dimanche 4 octobre, pour une deuxième consultation.

Les accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) prévoient en effet trois référendums, d’ici 2022, si le “non” l’emporte aux deux premiers scrutins. Si c’est le “oui” qui gagne ce dimanche, la marche vers l’indépendance sera irréversible et il n’y a aura pas de troisième vote.

La Nouvelle-Calédonie deviendrait alors un nouvel État et obtiendrait de fait un statut international de pleine souveraineté. La France ne se dégagerait toutefois pas brutalement des affaires calédoniennes et prévoirait une période de transition dont la durée serait fixée lors d’un accord, indique francetvinfo.fr.

Vingt-trois mois après le premier scrutin, la seule différence majeure avec ce vote de 2018 réside dans l’arrivée du Covid-19. Mais contrairement à la France métropolitaine, où le deuxième tour des élections municipales du printemps avait fini par être reporté trois mois plus tard, au 28 juin, ce deuxième référendum néo-calédonien n’est nullement menacé par la pandémie.

À 18.000 kilomètres de Paris, la Nouvelle-Calédonie demeure en effet l’un des très rares territoires au monde à avoir quasiment échappé au nouveau coronavirus. Si bien que les habitants y mènent depuis plusieurs mois une vie “normale”, sans masques ni gestes barrières.

“On sort, on voit nos amis, on va voir des spectacles, sans masques et sans gestes barrières”, explique à l’AFP Yoanna Wiard, DRH d’une grande entreprise calédonienne. “On vit tout à fait normalement et on sait combien on a de la chance”, alors que la pandémie a déjà fait plus d’un million de morts dans le monde.  

“Le masque, vous n’allez pas le trouver chez nous”, confirme Viannick, Mélanésienne de 46 ans, qui habite Koumac. “On a une vie à peu près normale, mais on sait qu’on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête”, nuance-t-elle. Comme tous les électeurs du référendum, elle ira voter ce dimanche “sans masque”. Tout comme elle a participé à la Foire de Koumac, grande fête agricole qui a rassemblé 18.000 personnes sur trois jours.

27 cas de Covid-19, tous importés

Sur les 270.000 habitants du territoire, seuls 27 cas de Covid-19, tous importés, ont été recensés à ce jour dans l’archipel, qui a été le territoire français au confinement le plus court: du 24 mars au 20 avril. Le seul autre territoire totalement épargné est Wallis-et-Futuna.

Tous les cas de Covid sont guéris, à l’exception du dernier, identifié le 25 septembre auprès d’une personne venant de métropole.

Car depuis le 20 mars, les vols internationaux ont été drastiquement réduits. Il est en effet devenu très difficile de voyager vers la Nouvelle-Calédonie. Début septembre, le trafic aérien hebdomadaire était réduit à un vol Paris-Nouméa via Tokyo, deux vers Sydney et deux à destination de Wallis-et-Futuna, indiquait Le Monde.

Résultat, des personnes souhaitant rejoindre l’archipel depuis la France métropolitaine attendent parfois toujours d’obtenir une place sur un vol depuis le printemps dernier. Une personne a pu obtenir cet été un billet sur un vol qui ne partira -normalement- qu’en janvier 2021, a appris Le HuffPost. Les listes d’attente sont devenues la norme et il faut présenter une bonne raison pour pouvoir gagner l’archipel.

Une recherche de vols Paris-Nouméa, via l’outil Google Flights, donnait ce début octobre seulement deux vols disponibles sur les six prochains mois. Et encore: on parle pour le premier d’un aller-simple, pas avant le 8 décembre, aux alentours de 3000 euros et avec trois escales et 64 heures de voyage au total…

Google Flights

Les rares arrivants sur l’archipel sont eux obligatoirement placés en quatorzaine dans des hôtels réquisitionnés par le gouvernement. Un test PCR doit être effectué avant le départ et un autre avant la sortie de l’hôtel. 

Il y a une quinzaine de jours, les 250 observateurs du référendum venus de France métropolitaine, ainsi que 15 experts de l’ONU, “ont été accueillis à leur descente d’avion par du personnel en combinaisons blanches” et “leur convoi a traversé la ville, escorté par la gendarmerie, gyrophares tournants, sans s’arrêter aux feux rouges”, rapportait un correspondant de RFI. Une scène qui ressemble à celles connues en France au mois de février, quand les avions ramenant les expatriés français de Wuhan atterrissaient en métropole, avant que des bus ne les acheminent pour leur quarantaine vers des centres de vacances, dans les Bouches-du-Rhône ou le Calvados.

Des quatorzaines jusqu’à fin mars 2021

Le gouvernement calédonien, autonome en matière de santé, a décidé de prolonger son dispositif de placement obligatoire en quatorzaine jusqu’au 27 mars 2021 au moins.

“Nous sommes un petit village de Gaulois qui résiste. Tout autour de nous, le monde connaît une recrudescence du virus et nous avons donc la responsabilité de maintenir la Nouvelle-Calédonie dans cette situation favorable”, a expliqué le président du gouvernement collégial, Thierry Santa.

Résultat, “tout le monde a revu ses plannings de grandes vacances (de décembre à fin février)”, admet Yoanna Wiard auprès de l’AFP. “Au lieu de partir, les Calédoniens vont faire vivre l’économie calédonienne”, ajoute-t-elle.

“C’est contraignant”, reconnaît Viannick. “Mais on préfère qu’ils ne lâchent personne dans la nature, on est en sécurité. Quand on voit ce qui se passe à Tahiti”, souligne-t-elle. La Polynésie a rouvert ses frontières pour faire redémarrer le tourisme, mais connaît une hausse du nombre de contaminations et de décès.

“Dans les tribus, on a pris conscience que ce virus-là est dangereux”, poursuit-elle. “On se lave plus les mains, on tousse à l’écart, les plus âgés sont très protégés. Si je rencontre une personne que je ne connais pas, je ne lui tends plus la main”, avoue-t-elle, “alors que l’Océanien est d’habitude très famille, très tactile. On aime bien s’enlacer, mais la coutume a été bouleversée”. 

Car chez les Kanaks, le Covid-19 rappelle l’introduction par les Occidentaux, à partir de la fin du XVIIIe siècle, de virus à l’origine d’épidémies meurtrières. Les chefferies coutumières ont interdit depuis fin février l’accostage de navires de croisière, notamment dans les îles Loyauté, où le tourisme est pourtant source de revenus, et ont fait pression sur les autorités pour que la Nouvelle-Calédonie s’isole.

Mais dans le monde économique, les entreprises “manquent de visibilité sur l’avenir”, déplore Xavier Benoist, président de la Fédération des industries. “On est incapable de dire quand nos frontières rouvriront, alors qu’on commençait seulement à s’intégrer économiquement au plan régional”.

Selon une étude de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) réalisée en août auprès de 165 entreprises locales, 70% sont inquiètes de l’évolution économique de la Nouvelle-Calédonie et 73% ont enregistré des baisses de chiffre d’affaires sur les six derniers mois.

À voir également sur Le HuffPostLa Nouvelle-Calédonie, carte d’identité d’un territoire à part



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