Si Joe Biden est élu, pourra-t-il agir avec une opposition chauffée à blanc par 4 ans de trumpisme?


Anadolu Agency via Getty Images

Sur Times Square, des citoyens suivent la soirée de l’élection présidentielle américaine à New York, aux États-Unis, le 3 novembre 2020 (Photo Tayfun Coskun/Anadolu Agency via Getty Images)

Selon les derniers décomptes des résultats, il semble que Joe Biden soit en passe de devenir, le 20 janvier 2021, le 46e président des États-Unis. Avec le décompte tardif en provenance de Géorgie (ou autre État), il devrait officiellement franchir la barre des 270 Grands Électeurs nécessaires pour être élu. Cette victoire serait historique: à 78 ans, Joseph Robinette Biden, Jr sera le plus vieux Président à entrer à la Maison Blanche, et le deuxième catholique de l’histoire américaine à occuper le poste. Sa colistière, Kamala Harris, deviendrait la première femme à occuper la poste de vice-présidente.

Certes, les semaines à venir seront longues, car nul ne sait si Donald Trump reconnaîtrait sa défaite et quand. Malgré les divers recours qui seront lancés par le camp républicain, cela semble être l’heure pour Joe Biden d’envisager son mandat de quatre années.

Malheureusement, du fait des autres résultats de la nuit électorale, c’est ici que les choses pourraient se compliquer pour le président-élu. En effet, contrairement à la France, le régime présidentiel américain accorde très peu de latitude au chef de l’exécutif en matière de politique intérieure. Celle-ci est très dépendante du Congrès. Or, si la Chambre des représentants demeurera démocrate, la majorité au Sénat sera certainement contrôlée par les républicains.  

Ce serait une situation de quasi-cohabitation pour le nouveau Commander-in-Chief. Et malgré son profil plutôt centriste, Joe Biden ferait face à une opposition chauffée à blanc par quatre années de trumpisme qui laissent des traces. Même en déployant des trésors de diplomatie, l’administration Biden aura fort à faire pour convaincre les républicains de coopérer sur une base bipartisane.

Les implications sont majeures: au premier chef, le président-élu devra a minima revoir sévèrement à la baisse son ambitieux plan climat de 2000 milliards de dollars. D’importantes réformes structurelles comme celle du Sénat ou de la Cour suprême devront certainement être repoussées. Enfin, le John Lewis Voting Rights Act, qui doit précisément mettre fin au fiasco des soirées électorales et mieux protéger le droit de vote de tous les Américains, devra être amendé.

Quelle marge de manœuvre Joe Biden conserverait-il alors? En s’appuyant fortement sur les décrets (executive orders), le président-élu pourra en premier lieu revenir sur toutes les actions unilatérales de son prédécesseur, notamment en matière d’immigration. Dans une certaine mesure, il pourra prendre des initiatives à l’international, comme par exemple remettre les Etats-Unis dans l’Accord de Paris de 2015 sur le climat.

Par ailleurs, les élections de 2020 vont avoir un impact à long terme. Outre les institutions de Washington, on renouvelait de nombreuses législatures locales, et les résultats sont médiocres pour les démocrates, qui pensaient bénéficier d’une vague bleue. Les républicains auront donc l’avantage dans de nombreuses législatures, à commencer par celle du Texas, cruciale, et auront tout loisir de redécouper les circonscriptions pour les dix prochaines années.

Enfin, le président-élu devra composer avec une donnée extérieure capitale: que va faire Donald Trump? Le futur ancien locataire de la Maison Blanche va conserver une influence immense sur le Parti républicain, tout particulièrement après la mobilisation record de son électorat lors de l’élection présidentielle (plus de 70 millions de voix).

Il y a fort à parier que Trump exercera une pression considérable sur les sénateurs et représentants républicains, qui joueront leur propre réélection dans les mois à venir. Ces derniers auront une prime certaine à l’inaction, de manière à vider le bilan du futur président Biden de toute substance. Cela constituerait une préparation idéale à l’élection de 2024 à laquelle Donald Trump, n’ayant effectué qu’un mandat, sera pleinement en droit de concourir.

 

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