Trump et Biden, pour leur dernier débat, évitent les vagues avant l’élection


MAXIME BOURDEAU/LE HUFFPOST avec AFP

Trump et Biden, pour leur dernier débat, évitent les vagues avant l’élection

PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE – Après la cacophonie totale de la première rencontre télévisée et deuxième rendez-vous brutalement annulé, le dernier face-à-face entre Donald Trump et Joe Biden s’est déroulé dans un calme étonnant ce jeudi 22 octobre.

Les deux candidats se sont en effet affrontés à Nashville, dans le Tennessee, avec des échanges bien plus respectueux que fin septembre dans l’Ohio sans pour autant céder sur leur programme à douze jours de la présidentielle américaine.

Donald Trump s’est notamment montré à l’écoute et précis dans ses attaques, tout en gardant la tête froide, lorsque le débat s’est ouvert sur le coronavirus. Accusant son rival vouloir reconfiner le pays pour lutter contre l’épidémie, le président a sorti une panoplie de chiffres et sa vision de “la vie avec le virus”. 

“Quelqu’un qui est responsable d’autant de morts ne devrait pas pouvoir rester président”, a contre-attaqué le candidat démocrate, en prédisant “un hiver sombre” pour le pays le plus endeuillé au monde, avec plus de 222.000 décès dus au coronavirus.

Ce dernier a reproché au républicain de ne “toujours pas avoir de plan” pour endiguer la pandémie. “Il n’y a pas un seul scientifique sérieux au monde qui pense que ça va disparaître bientôt”, a-t-il martelé, alors que le locataire de la Maison Blanche ne cesse d’assurer le contraire et de promettre un vaccin “dans les semaines à venir”.

Tout en retenue (contrainte et forcée)

Les échanges, bien que vifs, ont été nettement plus audibles que lors de la rencontre précédente. Cette fois Joe Biden a été lui aussi dans la retenue, ne voulant probablement pas bousculer son statut de favoris dans les sondages pour le moment.

Quelques semaines plus tôt, le démocrate de 77 ans avait traité le 45e président des États-Unis, 74 ans, de “menteur”, de “raciste” puis de “clown”. Une offensive qui avait surpris par sa virulence. 

Il faut dire que les deux candidats ont été aidés à cette discipline par les règles imposées lors de cette nouvelle confrontation: les organisateurs avaient décidé de couper le micro d’un candidat pendant les deux premières minutes de prise de parole de l’autre pour chacune des questions qui ont abordé la pandémie, le racisme, le changement climatique ou encore la politique étrangère.

Déclarations d’impôts toujours invisibles

Les piques n’ont cependant pas manqué. À Donald Trump qui l’accusait de vouloir mettre en place la politique de “la gauche radicale”, Joe Biden a rappelé qu’il l’avait emporté lors des primaires démocrates où d’autres candidats étaient plus ancrés à gauche que lui. “Il est un peu perdu, il croit qu’il affronte quelqu’un d’autre. Il affronte Joe Biden!”, a-t-il ironisé.

Trump a, comme il l’avait annoncé, demandé à Joe Biden de “s’expliquer” sur des allégations de corruption au sujet des activités de son fils Hunter en Chine et en Ukraine, quand le candidat démocrate était vice-président de Barack Obama (2009-2017). “Joe, je pense que vous devez une explication aux Américains”, a insisté le président qui a accentué ces derniers jours ses attaques personnelles sur l’intégrité de son adversaire, martelant, sans éléments concrets à l’appui, que la famille Biden est une “entreprise criminelle”. 

“Jamais de ma vie je n’ai pris un centime d’une source étrangère”, a protesté le démocrate, qui a jusqu’ici esquivé les questions sur ce sujet en se montrant ultra-protecteur de sa famille. “Ce n’est pas vrai, pas vrai”, a-t-il dit à plusieurs reprises. Il a contre-attaqué en reprochant au président de n’avoir jamais accepté de publier ses déclarations d’impôts, que Trump avait déjà promises en 2016… “Que cachez-vous?”, a-t-il demandé.

Près de 20 millions de bulletins déjà envoyés

La soirée, qui a montré deux candidats préparés et calmes, mais campant fermement ne devrait donc pas faire basculer grand nombre d’électeurs d’ici au 3 novembre 2020.

D’autant plus que près de 20 millions d’Américains, un record, ont déjà envoyé ou déposé leur bulletin de vote par anticipation comme cela a été rendu possible dans de nombreuses régions cette année par crainte du coronavirus.

Au total, 43 États et la capitale fédérale Washington ont mis en place des systèmes de vote en avance et près de 75 millions de bulletins de vote par voie postale ont été commandés ou envoyés, soit plus du double des 33 millions de 2016.

Une procédure encouragée par les démocrates, mais que dénonce sans répit Donald Trump depuis de longs mois. Selon lui, le vote par correspondance entraînera “des fraudes d’une ampleur inédite” au bénéfice de son adversaire. Bien qu’il ait lui-même voté par correspondance ces dernières années et qu’il n’y ait pas eu de preuves d’irrégularités majeures lors des précédents scrutins.

 

 

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