« Un bicot ça ne nage pas »: émoi après les trois jours d’exclusion demandés contre un policier


THOMAS COEX via Getty Images

Image d’un brassard de police le 8 décembre 2020 à Créteil.

POLICE – C’est une proposition loin de faire l’unanimité. Ce mercredi 23 décembre, le conseil de discipline de la préfecture de police de Paris a recommandé trois jours d’exclusion contre un policier qui avait insulté un homme égyptien lors d’une interpellation en avril 2020.

Pour l’avocat de l’interpellé, Me Arié Alimi, “cette proposition, c’est une réelle impunité, un laxisme, qui confirme un racisme systémique (…) un racisme d’Etat dans la police”. “Trois jours d’exclusion, c’est vraiment ridicule”, a-t-il dénoncé auprès de l’AFP.

“3 jours d’exclusion? ah oui ça rigole pas le conseil de discipline de la police”, a ironisé sur Twitter Me Yassine Bouzrou, qui défend notamment la famille d’Adama Traoré.

“Tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied”

Le 26 avril vers 1H30 du matin, des policiers avaient interpellé à l’Île-Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, un homme soupçonné de vol de matériel sur un chantier et qui avait tenté, selon des sources policières, de prendre la fuite en se jetant dans la Seine.

“Un bicot comme ça, ça nage pas”, déclarait un des policiers selon une vidéo diffusée par le journaliste du média en ligne Là-bas si j’y suis, désormais à Le Media, Taha Bouhafs, et visiblement filmée après que les fonctionnaires ont sorti l’homme du fleuve. “Ha! ha! ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied”, pouvait-on également entendre.

Procès en mars 2021

Pour ces faits, un policier, qui fait partie des effectifs de nuit de la Direction territoriale de la sécurité publique des Hauts-de-Seine, devra répondre d’injures racistes devant le tribunal correctionnel de Bobigny en mars.

Pour l’avocat de l’interpellé, il y aurait dû avoir, sans attendre, une sanction disciplinaire lourde. “Lorsqu’il y a des propos racistes, s’il n’y a pas de révocation, (c’est que) l’Etat favorise le racisme dans la police”, a ajouté Me Alimi, qui affirme par ailleurs que son client a subi des violences pendant son interpellation.

Le conseil de discipline de la préfecture de police de Paris est une instance paritaire qui réunit administration et syndicats, indique l’AFP. C’est la Direction générale de la police nationale qui aura le dernier mot.

A voir également sur le HuffPost: Face à la vidéo du tabassage par des policiers : 2 syndicalistes, 2 ambiances



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