Un local du « Petit Cambodge » squatté, la maire du 10e arrondissement de Paris condamne


POLITIQUE – La réponse de la maire du 10e arrondissement de Paris se veut claire: les squatteurs doivent partir. La socialiste Alexandra Cordebard condamne, ce lundi 28 décembre, “l’occupation illégale” d’un local loué par les gérants du restaurant “le Petit Cambodge”, établissement tristement célèbre pour avoir été l’une des cibles des attentats de 2015.

Depuis le 14 novembre, un groupe de militants associatifs -qui se présentent comme “les révoltés de la place Sainte-Marthe”- occupent effectivement les locaux situés rue Claude Vellefaux, dans le nord-est parisien, de ce qui devait être leur troisième établissement.

“Un ‘collectif’ a investi les lieux, changé les serrures, badigeonné les murs. Il y organise des apéros, propose de s’y réunir, d’y lutter. Pendant que nous nous battons pour maintenir notre activité”, dénonçait l’équipe du “Petit Cambodge” sur leur page Facebook samedi 26 décembre, ajoutant: “informés trop tardivement, nous n’avons pas pu intervenir à temps pour les déloger.”

“Restaurants pour bobos”

Une situation qui ne peut pas durer pour la maire du 10e arrondissement. “Je demande instamment aux squatteurs de ne pas dégrader les lieux et de restituer le local au plus vite à son locataire”, écrit Alexandra Cordebard ce lundi sur les réseaux sociaux, à la veille d’une nouvelle audience au tribunal évoquée par les gérants du “Petit Cambodge” dans leur publication.

Mais cette fermeté n’est visiblement pas partagée par tous les élus de la majorité composée autour d’Anne Hidalgo. Invité de LCI ce lundi, l’adjoint EELV à la mairie du 14e arrondissement Guillaume Durand a pris la défense des militants associatifs qui eux, se félicitent d’avoir engendré un lieu “de rencontres, de liens, de culture” aux dépens “d’un énième lieu marchand.”

“C’est un local qui appartient à un bailleur social de la ville de Paris et suite à l’émotion causée par les attentats, il a été proposé au Petit Cambodge à un loyer raisonnable. Ce que le Petit Cambodge n’a pas dit à ce moment-là c’est qu’ils étaient en train d’ouvrir une deuxième enseigne un peu plus loin dans le quartier”, a d’abord expliqué le responsable écolo sur la chaîne d’informations, précisant que “depuis 2015, le Petit Cambodge n’a jamais ouvert ce local, aujourd’hui squatté, comme un restaurant.”

Et Guillaume Durand de se faire le relai des revendications affichées par les militants squatteurs: “ce quartier est aux mains d’un promoteur qui rénove,  gentrifie et se débrouille pour qu’il y ait de moins en moins de révolte, de lutte, de manifestation et qui veut transformer tous les pieds d’immeuble en restaurants pour bobos.” 

Les élus s’en mêlent 

Au risque de crisper certains de ses collègues… et de raviver les tensions dans l’alliance socialiste-écolo?

L’adjointe (PS) en charge du commerce à la mairie de Paris n’a pas attendu longtemps pour fustiger une position “indéfendable.” “Le Petit Cambodge, c’est l’âme de Paris, touchée par les attentats”, écrit Olivia Polski sur Twitter, accusant Guillaume Durand de “tout” mélanger. Et de cingler: “ta position d’élu devrait t’amener à plus de responsabilités.”

Dans ce contexte, plusieurs poids lourds de La République en marche en profitent pour apporter leur soutien aux équipes du “Petit Cambodge”, tout en égratignant l’adjoint à la mairie du 14e. “C’est certain, le squat est une ‘animation’ tout à fait souhaitable et appréciable par les riverains”, siffle par exemple Aurore Bergé en utilisant certains mots employés par Guillaume Durand, ajoutant, à l’adresse d’Anne Hidalgo: “vous et votre majorité êtes donc sur la même ligne que cet élu EELV?”

L’affaire remonte même jusqu’aux oreilles d’une membre du gouvernement. La secrétaire d’Etat chargée de l’Economie sociale Olivia Grégoire, par ailleurs ancienne députée de Paris, fustige les arguments utilisés pour justifier l’occupation du local.

“Trois années que les propriétaires du Petit Cambodge se démènent pour se reconstruire et reconstruire, pour mener à bien leur nouveau projet et cet élu EELV de Paris vient nous vendre tranquille ‘sa méthode du squat?’”, écrit-elle ce lundi sur les réseaux sociaux, avant de trancher: “c’est pas une méthode, c’est une honte.”

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